Angleterre : les bonus des banquiers taxés à 50%

Finances

bonusDes bonus des banquiers taxés à 50% dès 2009 : c’est l’annonce faite par le Chancelier de l’Echiquier Alistair Darling aujourd’hui. Ce dernier a mis le feu à la city londonnienne en annonçant cette mesure dans son rapport prébudgétaire. Cette mesure aurait pour but d’inciter les banques à renforcer leur capital au lieu de rémunérer leurs salariés de manière ostentatoire.
Cette nouvelle taxe toucherait toute somme payé en bonus au dessus de 25.000 livres sterling, soit environ 28.000 euros. Cette tranche serait imposée à 50% à la source comme cela se fait outre manche. Selon une étude récente de lord Myners, le ministre chargé du centre financier londonien, quelques 20.000 banquiers seraient alors concernés par cette nouvelle taxe, et plus précisément, plus de 5.000 banquiers toucherait plus d’un million de livres sterling de bonus pour l’exercice 2009. Cette mesure vise à limiter la distribution de capital sous forme de rémunération pour des sociétés ayant été sauvées de la faillite par l’argent du contribuable. Les traders de RBS se sentent moins seuls tout à coup. En effet, ils ne seront donc pas les seuls à payer les pots cassés de la crise…
Nombre de banquiers interviewés dans la City ne cachent pas leur dégout en parlant de victimes expiatoires. Mais au delà de ça, c’est toute la finance londonienne qui est peut être en jeu: depuis le rapport Walker qui devrait aboutir à la publication par les banques du nombre de hauts revenus dans leur personnel par tranches de 2.5mio et 5mio de livres sterling, ce qui pourrait entrainer, face à la pression populaire, une forte baisse de compétitivité face aux places de NY et de Hong Kong car la fiscalité anglaise serait en train de devenir « aussi prévisible que dans un pays comme la France » indiquait un banquier interrogé mais également un départ de la capitale anglaise si la pression populaire devenait trop importante. En effet, la City génère des revenue énormes pour les banquiers mais également une activité économique incroyable: combien de restaurants, de sociétés de livriason, de bars vivent sur la poule aux oeufs d’or? Il faut donc prendre en compte au delà des somems versés aux banquiers, combien d’activité économique pourrait être perdue si la City venait à disparaitre…
Cette mesure vient s’ajouter en plus à une augmentation du taux marginal d’imposition de 40% à 50%. Même si les banques travaillent déjà pour trouver un moyen de contourner de telles mesures, il n’y a plus de doute quant à l’impact que celles ci pourraient avoir sur de nombreux banquiers expatrisé en Angleterre… Un retour en terre natale, ou une expatriation dans un lieu moins taxé devient plus qu’envisageable…

Cependant il faut rappeler qu’une telle mesure, même si elle fait grand bruit ne devrait rapporter à l’Etat anglais « que 550mio de livres sterling »: en effet, le taux d’imposition est déjà de plus de 40% sur la tranche supérieure, donc un passage à 50% rapporterait moins de 10% supplémentaires à l’Etat (ce qui table sur un versement de bon us à plus de 6mds de livres sterling pour l’exercice 2009, à voir…). De plus, il reste à découvrir comment vont être taxés les 2 compléments du salaire et du bonus en cash d’un banquier: la partie en actions et la partie en cash différé. De plus, certaines banques ont commencé à augmenter la part des salaires fixes des banquiers de façon à diminuer la part du variable et à garantir un minimum de revenue en temps de crise de façon à maintenir l’attrait d’une place boursière comme Londres.